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L’Hadopi euthanasiée après une vie de souffrances.  

L’Hadopi, la Haute Autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet. Un acronyme branlant pour un département qui l’aura été tout autant. La police de l’internet n’aura jamais suscité le respect, loin de là. Les pirates s’en seront moqué, le Français moyen ne l’aura jamais respectée et même les maisons de production, pourtant premières victimes du téléchargement illégal, ne lui auront jamais accordé de crédibilité. 

Logo Hadopi sur article "RIP Hadopi" par Webulle.com

Après des années de souffrance, l’Hadopi semble enfin voir le bout du tunnel via le vote d’une poignée de députés (quatre voix contre trois) qui, en pleine nuit, ont décidé de lui accorder un droit à la fin de vie. En 2022 (…) il en sera fini d’Hadopi, mais ce n’est pas encore demain. 

Maintenant que la mort de la bête est actée, une question est maintenant sur toutes les lèvres : « Et après ?”

Pour l’instant, il semble que rien ne soit prévu pour remplacer l’Hadopi. Isabelle Attard, la députée porteuse du projet, souhaite réfléchir à la suite pendant les six années qui viennent. Quant au gouvernement, il ne sait pas, pour le moment, quelle direction choisir. Ajoutons à cela les élections présidentielles qui arrivent et l’on peut considérer le sujet comme clos pour les mois qui viennent. 

Qui avait peur du grand méchant Hadopi ? C’est pas nous. 

Une police sans pouvoirs ! Dès la naissance de l’idée, l’Hadopi s’était heurtée à la CNIL et aux craintes d’espionnage et de non-respect de la vie privée. 

Traquer les pirates impliquait d’entrer dans leur vie et leurs données personnelles. C’était bien là tout le problème. Entre respect de la vie privée et respect du droit d’auteur, la balance penchait pour la première. 

 Et finalement, qui a vraiment craint l’Hadopi ? Combien ont reçu une lettre recommandée ? Qui, mis à part quelques cas ridicules de grands-parents ou d’exemples ont vu leurs téléchargements portés devant le procureur de la République ? Le bilan de l’Hadopi et de la lutte contre le piratage et les téléchargements illégaux, ce sont 32 dossiers passés en jugement (à fin 2015) et un budget total de … 60 millions d’Euros !  

Pour une poignée de dollars - affiche du film. Article Webulle.com

Retour vers le futur ? 

Retour en arrière, futur totalitaire ou avenir libéral ? 

L’instauration d’une « Net Police », armée (de dispositifs législatifs) et dangereuse, serait une option pour lutter contre les téléchargements illégaux dorénavant entrés totalement dans les mœurs. Cependant, les contraintes légales relatives à la protection de la vie privée et l’opposition constatée à la naissance d’Hadopi resteraient un obstacle. 

D’un autres côté, légaliser le téléchargement illégal sonne comme un air de déjà-vu du côté de chez Marie-Jeanne. Difficile à imaginer. 

Il existe une troisième voie, basée sur les réflexions d’un homme de Canal + (l’autre mourant du moment), Pierre Lescure, auteur en 2013 d’un rapport sur les « politiques culturelles à l’ère du numérique ». Cette option vise à structurer et améliorer l’offre légale. Améliorer les catalogues, réduire les délais de sorties (entre les pays), etc. 

Ce rapport prévoyait également de pénaliser les plateformes favorisant les téléchargements illégaux plutôt que les “pirates”  (comme pour MegaUpload ou PopCornTime en 2015). Ces missions seraient confiées au CSA (le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel).

Pour conclure la fin de l’Hadopi, en France, c’est enfin l’occasion de réfléchir à l’entrée de l’offre culturelle et artistique dans le XXIe siècle des Netflix, Spotify et autres plateformes légales et payantes. 

Une solution de facto à l’heure où le site Pirate Bay est désormais bloqué sur Chrome, FireFox et Internet Explorer et où le FBI requiert des mandats à l’encontre des utilisateurs de navigateurs “anonymes” comme Tor.

Logo Pirate Bay pour article Hadopi sur Webulle.com

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